Le carnaval de Nice fête ses 150 ans. Cette année, seize chars défilent place Masséna. En un siècle et demi, la conception des chars a évolué. La modélisation 3D a remplacé le dessin papier. Et des chars roulent à l’électrique. La technologie change, mais les étapes de fabrication restent les mêmes.
Dans la Halle Spada, le bureau de Roxana est installé à l’étage. La vue est imprenable sur tous les chars entreposés. Sur son écran d’infographiste, elle modélise en trois dimensions les personnages. C’est la première étape de conception d’un char. La 3D permet de gagner du temps : “Par exemple pour la tête du Roi, avant il nous fallait quinze jours. Aujourd’hui, en deux jours, elle est sculptée”.
La deuxième étape, c’est la sculpture. Depuis cinq ans, le travail est confié à un bras robotisé. Il découpe au millimètre près les blocs de polystyrène qui composent les chars. “On peut laisser le robot tourner toute la nuit, le lendemain quand on arrive y’a deux modèles qui sont prêts, ils font quatre mètres de haut et on peut les assembler”, ajoute Bryan, infographiste.
Des chars à propulsion électrique
Cette année, les chars 2.0 ce sont aussi des chars à propulsion électrique. L’objectif est de remplacer les moteurs de tracteurs actuellement utilisés. Pierre Povigna, quatrième génération de carnavaliers, testera deux types de motorisation électriques différentes : “L’un comme une voiture électrique avec plus de vitesse et d’autonomie. L’autre comme un chariot élévateur industriel”.
Malgré l’évolution des technologies, le carnaval a gardé sa magie selon Pierre : “Les premiers chars construits étaient des charrettes. C’est parce que la carnaval a évolué qu’il perdure encore”. Les carnavaliers planchent maintenant sur une imprimante 3D géante pour construire des chars plus grands et plus rapidement.
Reportage réalisé pour France Bleu Azur, février 2023

